À savoir avant la visite
Considérez la présence d’une tortue marine à Blue Bay comme une heureuse surprise possible, et non comme une observation que vous pouvez programmer. Le dossier Ramsar de 2008 y identifie un habitat de la tortue verte, mais il ne constitue pas un rapport d’observations actuel et ne fournit aucun créneau fiable pour en voir. Prévoyez une visite du récif qui vous plairait même sans tortue.
Les données établissent l’existence d’un habitat, pas la régularité des observations.
La fiche d’information Ramsar de 2008 mentionne un habitat de la tortue verte au sein du parc marin de Blue Bay. Elle décrit un site de 353 hectares à Grand Port, près de la plage de Blue Bay, comprenant des coraux, des herbiers marins, des mangroves et des macroalgues. Ces informations attestent de l’intérêt du parc comme habitat pour les tortues vertes.
Il s’agit toutefois d’un état des lieux historique du site, et non d’un recensement actuel. Ce document ne permet pas de savoir combien de tortues fréquentent le parc aujourd’hui, à quelle fréquence les visiteurs en rencontrent ni où se trouvera un animal en particulier. Cette distinction est importante pour déterminer si une sortie centrée sur les tortues répond à vos attentes.
Interprétez « habitat de la tortue verte » comme une description écologique, et non comme une promesse associée à une sortie en bateau ou à une randonnée palmée. Cette mention ne donne ni calendrier d’observation ni probabilité de rencontre pour une visite donnée.
Choisissez votre sortie sans compter sur un horaire d’observation des tortues.
Le document décrivant cet habitat ne permet pas d’établir un mois, une marée, une heure ou un point d’observation à privilégier pour voir des tortues. Il ne peut donc pas justifier un départ particulièrement matinal ou un itinéraire précis dans le seul but d’accroître vos chances d’en rencontrer. Il ne permet pas non plus de chiffrer ces chances en pourcentage.
Pour préparer votre visite, posez-vous une question simple : choisiriez-vous quand même cette sortie si aucune tortue n’apparaissait ? Si la réponse est oui parce que vous souhaitez observer les habitats coralliens et les poissons du récif, vos attentes sont cohérentes avec les informations disponibles.
Si voir une tortue est votre seule raison de venir, Blue Bay ne peut pas être présenté comme une option fiable. Choisissez votre formule de visite en fonction de votre aisance dans l’eau et de votre intérêt pour le récif, plutôt que d’une promesse d’observation animale sans fondement.
Distinguez les tortues marines des tortues terrestres dans vos projets de visite.
Lorsque vous préparez votre séjour, distinguez la tortue marine que vous espérez voir à Blue Bay des tortues terrestres associées à l’Île aux Aigrettes. Ce sont des animaux différents et des expériences d’observation différentes, pas deux façons interchangeables de répondre à la même attente.
Voir une tortue terrestre n’équivaut pas à rencontrer une tortue marine. De même, la mention de tortues dans le programme d’une visite d’île ne dit rien des observations de tortues dans le lagon.
Si la description d’une excursion emploie le mot « tortues » sans précision, demandez s’il s’agit de tortues marines dans l’eau ou de tortues terrestres sur la terre ferme. Décidez ensuite de l’expérience que vous souhaitez réellement vivre. Envisagez l’Île aux Aigrettes comme une visite distincte, sans supposer qu’elle offre la même rencontre qu’une sortie en mer.
Laissez la tortue décider du déroulement de la rencontre.
Si une tortue apparaît, la priorité est de la laisser libre de ses mouvements. Les principes généraux d’observation de la faune marine recommandent de ne pas poursuivre, toucher, nourrir ou encercler les animaux, ni leur barrer le passage. Laissez libres leur accès à la surface et leur trajectoire.
Suivez les indications ci-dessous plutôt que de chercher à vous rapprocher. Il s’agit de principes d’observation de la faune, et non de l’énoncé d’une distance minimale d’approche chiffrée applicable à Maurice.
| Ce qui se passe | Ce qu’il faut faire |
|---|---|
| Une tortue passe dans votre champ de vision. | Observez-la sans vous rapprocher. Laissez sa trajectoire libre et évitez que des personnes se rassemblent autour d’elle. |
| Elle se dirige vers la surface. | Laissez libre l’espace au-dessus d’elle. Ne vous placez pas à sa verticale pour prendre une photo. |
| Elle s’éloigne. | Laissez-la partir. Ne la suivez pas pour prolonger la rencontre ou la garder à portée de votre appareil photo. |
| Des personnes commencent à l’encercler. | Laissez-lui de l’espace plutôt que de rejoindre le groupe, et prévenez votre guide si nécessaire. |
| Quelqu’un propose de lui donner à manger ou de l’attirer avec de la nourriture. | N’y participez pas. N’utilisez jamais de nourriture pour attirer une tortue ou tout autre animal marin. |
Demandez comment la sortie prend en compte la faune avant de vous engager.
Les questions utiles portent sur les comportements adoptés, pas seulement sur le fait que des tortues ont déjà été vues. Demandez ce qui se passe si une tortue apparaît, si le groupe la laissera s’éloigner et ce que la visite comprend si aucune tortue n’est rencontrée.
En pratique, privilégiez une approche centrée sur l’observation du récif, sans poursuite des animaux. Pour préparer votre visite, une personne qui reconnaît que la présence de tortues n’est pas garantie vous apporte une information plus utile qu’un discours assuré sans données actuelles à l’appui.
N’acceptez pas d’attirer les animaux avec des appâts, de les nourrir ou de les poursuivre. La réglementation mauricienne publiée comporte des restrictions protégeant la faune marine et les éléments naturels, notamment en matière de nourrissage, de prélèvement, de dégradation et d’abandon de déchets. L’observation responsable doit faire partie du programme dès le départ, et non s’improviser après l’apparition d’un animal.
La présence d’une tortue ne change pas les endroits où vous pouvez nager.
La réglementation publiée de 2001 sur les aires marines protégées distingue les zones de baignade, de circulation, de mouillage, de conservation et de conservation stricte. La baignade, la randonnée palmée et la plongée sont interdites dans les couloirs de circulation. Ne suivez pas un animal dans un couloir et ne franchissez pas une limite pour continuer à l’observer.
La réglementation décrit une délimitation générale des zones de baignade par une ligne de flotteurs ou de bouées jaunes. Ce n’est pas une carte en temps réel de la position des bouées. Appuyez-vous sur la signalisation en place et les consignes du parc pour déterminer où vous pouvez entrer dans l’eau et vous déplacer.
Il serait également erroné de supposer que toutes les zones de conservation stricte sont fermées aux visiteurs. La zone de conservation stricte A de Blue Bay autorise expressément les bateaux à fond de verre ainsi que les bateaux transportant des nageurs avec masque et tuba ou des plongeurs pour ces activités, sous réserve des horaires que l’autorité peut fixer. La réglementation fournit le cadre ; elle ne précise pas les modalités d’accès du jour et n’autorise pas à improviser une poursuite de tortue.
Utilisez cette liste avant d’entrer dans l’eau.
Préparez-vous à une visite classique du récif, avec la possibilité d’une rencontre animale inattendue. Se mettre d’accord sur quelques décisions à l’avance aide à éviter que l’enthousiasme ne se transforme en poursuite.
- Confirmez la zone autorisée pour la baignade ou la randonnée palmée à partir des consignes actuelles, et non du souvenir de l’emplacement des bouées.
- Dites à la personne qui vous accompagne que vous ne vous séparerez pas et que vous ne suivrez pas une tortue hors de la zone convenue.
- N’utilisez aucune nourriture lors d’une rencontre avec la faune, y compris pour attirer des poissons en attendant une tortue.
- Convenez de laisser libres la trajectoire de la tortue et son accès à la surface.
- Pour vos photos, prévoyez une vue à distance plutôt qu’un gros plan qui nécessiterait de vous rapprocher.
- Choisissez un objectif centré sur le récif afin qu’une visite sans tortue réponde tout de même à vos attentes.
Accordez toute votre attention au récif lui-même.
Le même dossier historique Ramsar recense environ 72 espèces de poissons et 38 espèces de coraux réparties en 28 genres et 15 familles. Parmi les familles de poissons recensées figurent les poissons-papillons, les demoiselles, les labres, les poissons-perroquets, les poissons-chirurgiens et les mérous. Il s’agit de données historiques sur la diversité, et non d’une liste d’observations garanties aujourd’hui.
Pour rendre votre visite plus enrichissante, donnez-vous un petit objectif d’observation : repérez les différences de silhouette entre les poissons, cherchez différentes formes de coraux ou comparez ce que vous voyez dans les différentes parties de l’habitat devant vous. Il n’est pas nécessaire d’identifier chaque animal pour prendre plaisir à observer attentivement.
La sortie ne consiste alors plus à attendre un animal difficile à apercevoir, mais à observer ce qui est réellement présent. Si une tortue passe, elle devient une rencontre supplémentaire plutôt que la condition dont dépend toute la visite.
Préparer votre visite
Vos questions
L’observation de tortues est-elle garantie depuis un bateau à fond de verre ?
Non. Le document historique sur l’habitat ne permet de garantir une observation, quelle que soit la façon de visiter. Choisissez un bateau à fond de verre pour le type de découverte du récif que vous souhaitez, et non pour une rencontre promise avec une tortue.
Dois-je entrer dans l’eau si une tortue passe près du bateau ?
Ne faites pas de mise à l’eau imprévue pour vous rapprocher. Suivez les consignes à bord et les règles d’accès actuelles du parc, et évitez d’entrer dans l’eau d’une manière qui barrerait le passage à l’animal ou reviendrait à le poursuivre.
Puis-je donner de la nourriture pour faire venir une tortue plus près ?
Non. N’attirez jamais une tortue avec de la nourriture et ne la nourrissez pas. Les principes d’observation de la faune proscrivent le nourrissage, et la réglementation mauricienne sur les aires protégées comporte des restrictions sur le nourrissage de la faune marine.
Le document de 2008 indique-t-il combien de tortues vivent à Blue Bay aujourd’hui ?
Non. Il mentionne un habitat de la tortue verte, et non un comptage actuel de la population. Il ne permet pas d’établir leur abondance actuelle, leur présence durable dans le parc ni la fréquence à laquelle les visiteurs en voient.
Puis-je photographier une tortue si elle s’approche ?
Uniquement sans compromettre sa liberté de mouvement. Ne vous rapprochez pas, ne la touchez pas, ne lui barrez pas la route et n’occupez pas l’espace dont elle a besoin pour remonter à la surface. Laissez-la partir, même si vous manquez la photo.

